Non daté
Aujourd'hui est la pire journée de mon existence sur cette planète. J'ai envie de me tuer. Je ne pourrais pas vivre dans un monde où elle n'est pas. Je n'arrive pas à pleurer sa mort. J'ai le c½ur brisé. Tout mon amour est mort avec elle. Je hais cette existence.
En relisant ces lignes, je ne peux m'empêcher de verser quelques larmes. Je me rappelais cette horrible journée comme si elle avait eut lieue la veille.
Ce jour là, elle n'était pas venue en cours. Davis s'était inquiété et m'en avait parlé. Au final, on avait sécher les cours de l'après midi pour aller la voir chez elle. On a courut de toute nos forces, arrivant en sueur sur le pas de sa porte.
Quand son père lui avait ouvert, il était en larmes.
Jamais encore il ne l'avait vu dans cet état. Il avait toujours su garder son sang froid, qu'elle que soit la situation dans laquelle il se trouvait. Mon c½ur se serra dans sa poitrine, un peu plus. Ils y avaient des pompiers dans le salon. Sa mère s'était évanouie.
Et c'est à cet instant qu'il l'avait vue.
Elle. C'était elle sous ce drap blanc que transportaient les pompiers. Mais il ne versa pas une seule larme. Il n'en avait pas la force. J'étais en larmes.
Lucas était là aussi. Lui non plus ne pleurait pas. Ils s'étaient regardés, sans dire un seul mot. Mais l'un comme l'autre avaient compris que leur peine était profonde.
Elle s'était coupé les veines, avait jeté sa vie aux orties. Et personne ne savait pourquoi.
Le comportement de Davis, déjà assez noir, s'était encore plus assombri avec la mort de Kelley. Comme toujours, il jouait du piano en rentrant des cours. Et il jouait toujours le même morceau ces derniers jours. Un morceau qu'elle avait écrit. Souvent, elle l'accompagnait au chant. Elle avait une voix claire qui ne le laissait pas indifférent. C'était les meilleurs moments de son existence, j'en étais sur et certain.
Mais ce soir là, elle ne l'accompagnait pas de sa voix. Il jouait sans grande conviction, encore sous le choc. Mais il jouait pour elle. Même si il ne la verrait plus jamais, il continuait à penser à elle.
Qu'est ce qui avait pu provoquer son geste ? Pourquoi avait-elle fait une chose pareille ? Elle était la première à dire qu'elle avait toute la vie devant elle...
Une larme coula, suivit d'une autre, et d'une autre encore. Je pleurais. Pas de tristesse, mais de rage. Rage de ne pas avoir compris, rage de n'avoir pas pu l'aider. Elle avait mit fin à sa vie, contre toute attente.
Non daté
C'est fini. Je ne sais pas comment j'ai pu supporter de la voir face à moi, immobile. Kelley. Pourquoi m'a tu laissé ? J'ai envie de pleurer, mais le ciel s'en charge pour moi. Un jour, on se retrouvera.
Davis avait tellement de choses qu'il aurait voulut lui dire, mais elle ne lui en avait pas laissé le temps. Il le regrettait sincèrement.
Il se rappelait qu'elle aurait voulu le voir en costume le jour du bal de l'école. Mais elle ne pourrait plus le voir à présent. Pourtant il est là, à côté d'elle, dans ce costume. Il porte même la cravate qu'elle lui avait offerte. Cette cravate qu'il avait trouvée affreuse.
Elle ne se réveillera pas. Ils fermeront cette boite et elle disparaitra sous terre.
Beaucoup de camarades du lycée étaient là aussi. Beaucoup d'entre eux étaient en larmes. Ils quittaient peu à peu cet endroit qui sera sa dernière demeure, tendit que le ciel versait ses larmes, comme si il voulait partager ma peine.
Ce jour là, j'ai serre mon frère dans mes bras. Mais il semblait impassible, comme si il était ailleurs.
Il me remercia, d'une voix presque inaudible. Pourtant, il avait le c½ur lourd, si lourd... Des camarades lui serraient la main, lui tapèrent amicalement dans le dos, mais il n'y fait pas attention. Il avait du mal à réaliser qu'il ne là verrait plus jamais.
Ces derniers jours m'avaient parut être une éternité.
Je me rappelais que le lendemain, Davis avait reçut une lettre. Je lui avais monté dans sa chambre. Je me doutais de ce que c'était. Sans un mot, il me prit doucement l'enveloppe des mains et la retourna. Il reconnu immédiatement la petite écriture serrée de la jeune fille. Peut être que dans cette lettre il y aurait des explications à son geste ? Mais il ne m'en a jamais reparlé. Je n'ai jamais su ce que cette lettre disait.
Mercredi 12 Novembre
Mais pourquoi doit-on aller à l'école ? C'est vraiment obligatoire ? Pour l'éducation qu'ils nous donnent ? Pour nous apprendre quoi ? Pour nous transformer en moutons ? Nous pensons par nous même à ce que je sache, alors pourquoi ? Routine de merde. On apprend des trucs qui au final ne nous serviront quasiment à rien dans la vie de tout les jours. Nous sommes juste des humains. On peut changer tout ça. Mais qui le fera ? Moi, je le ferais.
C'est pareil, quand on regarde les films à la télé, il y a toujours quelqu'un pour dire que c'est violent et tout ça. Juste parce qu'on dit que c'est mal, alors c'est mal ? Pensez par vous-même, c'est trop compliqué ? On fait tous partit de la même espèce, mais nous somme si différent. Moi, je ne ferai pas partit de votre société à la con.
On vit dans un monde pourri et sans aucune valeur. Je ne peux pas oublier tout le mal que l'on m'a fait. Jamais. Et lorsque je mourrai, ce sera avec toute cette haine ancrée dans mon c½ur qui se trouve être aussi pourrit que ce monde...
Le mal que l'on t'a fait ? Est-ce que tu parle des brimades que tu subissais ? Tous ces souvenirs qui me reviennent à l'esprit. Ce jour là, j'avais été consigné par monsieur Ashton à suivre son cours parce que j'avais raté le contrôle de la veille. J'attendais le début du cours, dans le couloir.
"Dégage du chemin connard!"
Trent Dangelo fut violement repoussé contre les casiers devant la salle d'informatique par Jack Cortez. Ce dernier était le chef de l'équipe des Couguars, et son passe temps préféré était d'emmerder Davis et ses amis. Les personnes présentes ricanaient. C'est à cet instant que le professeur d'informatique était arrivé.
" Bonjour, comment allez-vous aujourd'hui? "
Monsieur Ashton, comme d'habitude, ne reçut aucune réponse. Le cours se déroula sans incidents. Il y eut juste quelques remarques désagréables de Jack et de sa bande de potes contre Trent. Ils s'amusaient à lui balancer des boulettes de papiers, ou alors à lui envoyer des messages via le réseau.
«Je suis un putain de gothique émo."
Ca les faisait rire. Mais Trent ne riait pas. Il s'habillait en noir la plupart du temps, comme mon frère, mais ça ne faisait pas de lui un « gothique émo ». Il le savait. Mais les gens étaient si étroits d'esprit.
"Vous devriez faire de même avec son petit ami."
Tous les élèves pouffaient de rire. La porte s'ouvrit. Davis venait d'entrer. Il dévisagea la salle de son regard noir et s'installa à côté de son ami. Il ne m'avais même pas vu. Le professeur se retourna vers lui et lui demanda sèchement.
« Davis, vous êtes en retard. Où étiez vous donc passé ? »
Davis se leva, et lui répondit nonchalamment.
« J'ai prit des nouvelles de Lucas monsieur Ashton.»
Silence dans la salle. Un silence vite étouffé par quelques rires discrets. C'était toujours Jack et ses potes, ces connards se fichaient bien que Lucas ait perdu sa s½ur quelques jours avant. Davis leur lança un regard noir. Il allait leur rétorquer quelque chose mais fut interrompu par le professeur.
« Il faudrait qu'il revienne lundi, il y a un contrôle important qu'il ne faudrait surtout pas qu'il rate. »
« Je lui dirais, monsieur. »
En fait, j'ai l'impression de revivre tout ces moments passés. Je me rappelle exactement de tout...
Lundi 24 Novembre
Le genre humain est une chose si étrange.
Les gens se contredisent tout seul comme des grands. La vie humaine est réduite à un état lamentable. Tout le monde ment.
On nous enseigne le bien et le mal, mais au final, ça ne sert à rien du tout. Dès qu'il y a quelque chose de différent, ils le prennent à parti. Je le sais, puisque je fais partis de ces personnes que l'on dit soi disant différente.
En quoi ? Je me le demande...
Peut être parce que moi j'ai un cerveau et que je sais l'utiliser, contrairement à tout ces crétins qui traînent au lycée.
Je suis fatigué.